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Les fondamentaux de l'afro-féminisme

À la découverte de Moya Bailey et du « misogynoir »

misogynoir moya bailey

En 2010, Moya Bailey introduit le mot « misogynoir », terme hybride visant toutes les discriminations racistes et sexistes envers les femmes noires.

La femme noire fait partie des minorités les plus touchées par les discriminations racistes et sexistes tant au sein de la société que dans les médias et la culture.

Qui est Moya Bailey ?

moya bailey
© Pinterest

Moya Bailey est une universitaire qui officie à la Northeastern University de Boston, dans le Massachusetts. Spécialiste de la femme noire et homosexuelle, elle introduit le terme « misogynoir » pour la première fois en 2010 dans son essai, They aren’t talking about me … .

Un terme spécifique à la femme noire

Le terme « misogynoir » traduit la façon dont le racisme et la misogynie se combinent pour oppresser la femme noire dans la pop culture américaine. Ce terme vient du constat qu’aucune femme non-noire n’est aussi mal représentée dans les médias, la musique ou encore le cinéma. C’est avec l’aide de Trudy du blog féministe noire, Gradient Liar, que Moya Bailey en donne une description aboutie.

Pour la population noire transsexuelle, qui est encore plus discriminée que n’importe quelle communauté, le terme a été transformé en « transmisogynoir », combinaison des mots « transgenre » et « misogynoir ».

Un terme mis en avant grâce à Leslie Jones

Cet été, le terme « misogynoir » s’est popularisé suite au lynchage médiatique de l’actrice africaine-américaine, Leslie Jones.  Avec le #StandWithLeslie, la Toile ajoute le hashtag #Misogynoir. Katy Perry fait le buzz et pousse le terme encore plus en avant au regret de certaines personnes.

Faut-il qu’un Blanc en parle pour que le mot soit légitime ? C’est la question que tout le monde se pose. Moya Bailey estime avoir donné un nom à une discrimination intersectionnelle qui existe bel et bien mais que personne n’avait encore jamais osé nommer. Elle rejoint à sa façon le mouvement afro-féministe.

Plus qu’un mot, un mouvement

Le terme « misogynoir » a conquis son public. Sur les réseaux sociaux, le hashtag se développe à la manière des #BlackLivesMatter, #BlackGirlMagic ou encore #GirlsLikeUs. De nombreuses pages se développent et des personnalités comme l’athlète Serena Williams, critiquée pour son physique et son statut de sportive, deviennent de véritables ambassadrisses du « misogynoir ».