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4 choses à savoir sur Véro Tshanda Beya Mputu, des rues de Kinshasa à « Félicité »

Vero Tshanda Beya Mputu Félicité

Découverte dans le rôle principal de « Félicité », film doublement primé d’Alain Gomis, Véro Tshanda Béya Mputu n’était pourtant pas destinée à devenir actrice.

Une vraie femme de Kinshasa comme Félicité

Véro Tshanda Béya Mputu est née et a grandi à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, tout comme Félicité, qu’elle interprète au cinéma dans le dernier film d’Alain Gomis. Après la mort prématurée de ses parents, elle vit chez sa sœur et poursuit des études commerciales. Sans emploi malgré son diplôme en poche, elle arpente les rues de Kinshasa en tant que marchande ambulante et enchaîne les petits boulots sans lendemain.

Vero Tshanda Beya Mputu Félicité
Vero Tshanda Beya Mputu © Michael Sohn/AP/SIPA

Félicité, un rôle non-prédestiné

Félicité, personnage principal du film du même nom, est son premier rôle au cinéma. Pourtant rien n’était couru d’avance pour Véro Tshanda Beya Mputu, qui était loin d’imaginer jouer un jour un rôle important au cinéma. C’est grâce à une amie, recrutée dans l’équipe du casting de Félicité, qu’elle tente sa chance sans grande conviction. Au départ, le réalisateur franco-sénégalais, Alain Gomis, était réticent à l’idée de lui offrir le rôle de Félicité et pensait lui confier le rôle secondaire, la trouvant « trop jeune et trop jolie » a-t-il avoué dans une interview pour Jeune Afrique.

Vero Tshanda Beya Mputu et Alain Gomis
Vero Tshanda Beya Mputu et Alain Gomis © Michael Sohn/AP/SIPA

Mais c’est grâce à son expérience dans le théâtre populaire congolais et sa présence singulière qu’elle séduit le réalisateur, lequel finit par céder et lui donner le rôle principal après quatre auditions. Vero Tshanda Béya Mputu devient alors Félicité : une femme forte, libre et fière à la recherche d’une importante somme d’argent dans les rues de Kinshasa, afin de sauver la jambe de son fils, victime d’un accident de moto.

Vero Tshanda Beya Mputu Félicité
Vero Tshanda Beya Mputu dans le rôle de Félicité © Félicité

Projeté pour la première mondiale à la Berlinade 2017, le film rencontre un franc succès et reçoit le Grand Prix du jury, puis un Étalon d’Or trois semaines plus tard au FESPACO à Ouagadougou. C’est le deuxième Étalon d’Or pour Alain Gomis qui devient le second réalisateur doublement primé après le Malien Souleymane Cissé.

Alain Gomis et son Étalon d'Or au FESPACO 2017
Alain Gomis et son Étalon d’Or au FESPACO 2017 © Félicité / Facebook

Chanter pour s’approprier le rôle

Félicité est une chanteuse, ce que Véro Tshanda Béya Mputu n’était pas avant de tourner. Afin de pouvoir assurer pleinement ce rôle, elle a suivi des cours intensif de jeu et de chant avec Muambuyi, la chanteuse phare du groupe Kasai Allstar, dont la musique se révèle être un élément central du film.

Vero Tshanda Beya Mputu Félicité
Vero Tshanda Beya Mputu dans le rôle de Félicité © Félicité

Semblable aux chœurs des tragédies antiques, la musique de Kasai Allstar guide le spectateur tout au long du film et accompagne Félicité, mère aimante, aux prises avec le désespoir, la peine, mais aussi la joie : tant d’émotions et de péripéties que peuvent traverser les femmes de Kinshasa, mais également de Dakar, ville dont Alain Gomis est proche. Car Félicité n’est pas simplement le portrait d’une femme de Kinshasa. Le réalisateur dépeint une bien triste réalité de la vie de nombreuses femmes kinoises et dakaroises qui se doivent d’être fortes au quotidien.

« Elles sont fortes, font face aux coups qu’elles reçoivent dans la vie quotidienne, avancent avec des convictions, refusent les petites compromissions, disent plus souvent non que oui, prennent le risque de s’isoler car on leur reproche de n’en faire qu’à leur tête. Pour moi, elles incarnent à leur manière la droiture, la morale » explique Alain Gomis à Jeune Afrique.

Une révélation et une demande d’engagement

Pour Véro Tshanda Béya Mputu, le rôle de Félicité est une révélation. La jeune femme espère continuer dans cette voie et participer à d’autres productions cinématographiques panafricaines. Elle souhaite également encourager la République Démocratique du Congo à s’investir davantage dans la culture et surtout la culture cinématographique. « La culture étant une des ressources pour l’économie d’une nation, nombreux défis sont là devant nous. Mais, l’idéal est de tout mettre en œuvre pour arriver à les surmonter » a-t-elle souligné au magazine La Prospérité Online.

Le film Félicité sort aujourd’hui dans les salles en France.