article

Haweya Mohamed, DG du premier hub dédié à la tech africaine !

haweya mohamed

Entretien avec Haweya Mohamed, DG d’Afrobytes, premier hub digital dédié à la tech africaine en Europe, à l’occasion de la prochaine conférence qui se tiendra à Paris les 8 et 9 juin prochains.

Haweya Mohamed, 39 ans, enraye à elle seule toutes les idées reçues : « Il paraît que je cumule toutes les tares : je suis une femme, je suis maman, je suis noire, musulmane, et je suis dans le business. Mais je n’y ai jamais vu un handicap… J’avance ! ». Et c’est peu dire : cette working mum fonce. Et cumule les casquettes avec aisance et décontraction.

Avant de créer Afrobytes, premier hub digital dédié à la tech africaine en novembre 2015 avec son acolyte, Ammin Youssouf, cette bosseuse invétérée est passée par un beau panel d’entreprises reconnues pour leur sens de l’innovation.

haweya mohamed
Haweya Mohamed et Ammin Youssouf – les fondateurs d’Afrobytes

La communication au service du changement

Parce que s’il y a bien un mot qui résume la carrière de Haweya Mohamed, c’est la modernité. Ancrée dans son époque, bien dans ses baskets, elle sait où elle va et s’adapter aux changements, et surtout les anticiper. La jeune femme a connu les prémices de la téléréalité en faisant ses armes chez Endemol en 2000-2001 au service communication, puis en rejoignant l’équipe d’Isabelle Camus, productrice du premier format court à succès, Un Gars, Une Fille. Déterminée, elle n’hésitera pas non plus à se rendre de l’autre côté de la Manche pour faire un petit bout de chemin chez Chanel 4 International.

De retour à Paris, elle rejoint la communication de RTL et grimpe progressivement les échelons jusqu’à la direction du service. Puis, après 10 ans de relations publiques, l’entrepreneuse dans l’âme ressent le besoin de créer sa propre organisation. « J’ai toujours eu dans l’idée de développer une structure autour d’une histoire proche de moi, confie la Somalienne d’origine. J’étais aussi consciente que le continent n’était pas raconté comme il devait l’être ».

Et l’Afrique, Haweya Mohamed la connait. Cette dernière a sillonné le continent, du Maroc à l’Afrique du Sud, en passant par le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, l’Ouganda et bien sûr la Somalie, dans le cadre de voyages personnels mais aussi de Stand Up For African’s Monthers (AMREF), une ONG de santé publique visant à ralentir la mortalité maternelle basée à Nairobi pour laquelle elle officie en tant qu’administratrice depuis 2010. Des voyages qui lui ont permis de prendre conscience d’un certain nombre de besoins chez les jeunes actifs africains, comme la visibilité, les financements, la mise en place de partenariats solides pour grandir.

haweya mohamed
Haweya Mohamed et Ammin Youssouf lors de la 1ère conférence Afrobytes en 2016

Consciente du potentiel du « mobile first continent », elle crée donc Afrobytes avec Ammin Youssouf en novembre 2015, pour faire le « pont entre la tech africaine et la tech européenne ». Et que Paris devienne le passage clé pour fédérer les gens via la conférence d’Afrobyte qui donne l’opportunité aux acteurs de la tech « de se rencontrer, de se serrer la main de manière innovante dans des perspectives de développement pérenne  ».

Construire l’Afrique du futur

Définir les relations entre l’Afrique et l’Europe, c’est la mission que s’est donnée Haweya. « J’avais besoin de raconter l’Afrique autrement, et surtout qu’elle soit racontée par des Africains », explique celle qui reste convaincue que la diaspora africaine peut jouer un rôle clé dans l’accélération technologique du continent.

Parce que Haweya parvient à se projeter dans le futur pour mieux construire l’avenir, elle voit en la croissance démographique du continent un fort potentiel, qui va néanmoins « impliquer de nombreux changements et besoins auxquels les gouvernements et entreprises privées ne pourront répondre, à l’inverse du numérique qui proposera des solutions alternatives ».

Haweya Mohamed pense le business de manière saine et inclusive, avec « beaucoup de bienveillance », et met un point d’honneur à représenter 50% de femmes lors de la conférence. « Mon objectif est de diffuser des rôles-modèles », détaille celle qui compte parmi ses propres modèles, la Camerounaise Rebecca Enonchong, à l’origine de Cameroon Angels Network.

« Fais les choses toi-même avant que quelqu’un d’autre ne les fasse pour toi » : telle est la devise de cette jusqu’au-boutiste », qui compte bien monter en puissance avec Afrobytes !

La prochaine conférence aura lieu les 8 et 9 juin à Paris, et se concentra sur la question du consommateur africain : acteur déterminant pour les entreprises occidentales.  

Plus d’infos sur le site d’Afrobytes.