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Alopécie : comprendre, prévenir et ralentir la perte des cheveux

[Témoignage] Véronique : 60 ans et 30 ans de défrisage a perdu ses cheveux

pelade

Comme de nombreuses femmes afrodescendantes de sa génération, Véronique a perdu ses cheveux suite à de mauvaises manipulations capillaires. Victime d’une pelade, elle témoigne et met en garde.

Avant l’avènement de la culture nappy, nombreuses ont été les femmes afrodescendantes à avoir eu recours au défrisage comme seule technique de coiffage. Associé à d’autres manipulations chimiques qui modifient la structure du cheveu, comme les décolorations ou colorations, ce procédé – surtout quand il est mal réalisé, sans respect du protocole et du temps de pose et étalé sur plusieurs années – peut avoir des conséquences fatales sur la santé du cuir chevelu. A commencer par l’alopécie en plaques ou la pelade.

Qu’est-ce que la pelade ?

A la différence de l’alopécie de traction, soit la perte des cheveux suite à de mauvaises habitudes de coiffage (coiffures et tresses trop serrées, mèches trop lourdes etc.), l’alopécie en plaques ou la pelade se manifeste par la perte de cheveux localisée sur le crâne. Des trous et des espaces clairsemés sont alors visibles sur le cuir chevelu.

Si aucun traitement n’existe pour en venir à bout, des produits naturels peuvent néanmoins stimuler la pousse, tandis que les cheveux sont susceptibles de repousser des années plus tard.

La pelade peut être héréditaire, provoquée par le stress, liée à une infection virale, mais dans bien des cas elle est la résultante d’une exposition à un produit chimique. C’est le cas de Véronique, 60 ans, qui pendant des décennies s’est défrisé les cheveux.

Véronique raconte son expérience…

Pendant de nombreuses années, j’ai enchaîné les défrisages, les décolorations – processus consistant à décolorer les pigments naturels des cheveux et permettant de passer d’un brun à un blond, ndlr – et les colorations. J’ai d’abord eu recours au défrisage au fer jusqu’à mes 24 ans environ, puis je suis passée au défrisage à l’ammoniaque jusqu’à mes 46 ans.

La pelade s’est déclenchée suite à une décoloration vers l’âge de 35 ans. La couleur avait viré au vert anis. Les symptômes ont été immédiats. J’ai ressenti de fortes démangeaisons et j’ai eu une perte de cheveux accélérée. J’ai alors consulté un dermatologue, mais qui ne m’a pas été d’une grande aide.

J’ai ensuite suivi plusieurs traitements, j’ai un peu tout essayé : Minoxidil – médicament antihypertenseur utilisé comme traitement stimulant la croissance des cheveux, ndlr – bépanthene, levure de bière. Et j’ai utilisé des produits Furterer reconnus pour leur action favorisant la pousse des cheveux. Je suis ensuite passée aux huiles végétales, essentielles, aux shampoings et aux masques faits maison…

« Je suis contrainte à porter une perruque »

A la suite de cette nouvelle routine capillaire, mes cheveux ont fini par pousser. Mais ils restent très fragiles. Et au niveau des plaques de pelade, la situation est restée la même. C’est irréversible. Compte tenu de cette pelade, je ne peux plus me coiffer convenablement et suis contrainte à porter une perruque. Cela me permet de les hydrater régulièrement.

Je déconseille surtout aux parents de petites filles d’avoir recours aux défrisages dès leur plus jeune âge. Il faut apprendre à connaître ses cheveux et à les soigner avec des produits adaptés et naturels. Je conseillerais aux femmes qui se défrisent encore les cheveux d’arrêter cette bêtise ! Nous avons de beaux cheveux mais nous ne savons pas comment les entretenir. Avec la connaissance de la nature de nos cheveux, nous pouvons avoir de très beaux cheveux. Arrêtons ces produits chimiques et utilisons des produits naturels en suivant une bonne routine capillaire. A commencer par l’hydratation de nos cheveux crépus !