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Au Kenya, cinq étudiantes ont développé une appli contre l’excision

The Restorers i-cut excision

Arrivée en finale du Technovation Challenge aux États-Unis, i-cut a été conçue et imaginée par 5 étudiantes de Kisumu.

Stacy Owino, Synthia Otieno, Purity Achieng, Macrine Atieno et Ivy Akiny sont âgées de 15 à 17 ans et se surnomment les « Restorers » (les réparatrices). À elles cinq, elles ont lancé l’application i-cut, qui vise à lutter contre les mutilations génitales et « restaurer l’espoir chez les filles en proie au désespoir » a expliqué Synthia Otieno à Thomson Reuters Foundation News.

Si elles n’ont pas toutes subi cette pratique, illégale et pourtant encore très répandue, elles ont été témoins des ravages physiologiques qu’elle peut avoir sur leurs amies. « Nous étions très proches, mais après qu’elle se soit faite excisée, elle n’est jamais revenue à l’école, a expliqué la jeune Purity Achieng à Mashable à propos de l’une de ses amies. Elle faisait partie des filles les plus intelligentes que je connaissais. »

Sauvez, aidez, informez…

L’application i-cut, bien qu’elle soit inédite, s’inspire d’une procédure déjà mise en place sur certains téléphones avec des raccourcis rapides pour lutter contre les agressions. Elle très simple d’utilisation et comporte cinq boutons : « aider », « secourir », « signaler », « informations sur les mutilations génitales », « faire un don et feedback ».

Application i-cut
© i-cut / Facebook

Ainsi, les jeunes filles en danger peuvent prévenir les autorités en un clic et celles qui n’ont pas pu échapper à la mutilation génitale peuvent trouver une oreille attentive auprès des organisations recensées dans l’application et tenter de remonter la pente. On estime aujourd’hui au Kenya que les jeunes filles mutilées ont 19% de chance de ne pas survivre à cette pratique dangereuse et, parmi les survivantes, qu’une majeure partie d’entre elles ne continuera pas ses études.

Au-delà du côté pratique de l’application, les cinq étudiantes voulaient également pouvoir fournir des informations valables et complètes sur les mutilations génitales et militent activement pour l’abolition définitive de cette pratique.

Finalistes du Technovation Challenge

Cette le Technovation Challenge qui leur a permis de se faire connaître. Financé par Google et les Nations unies, ce programme sélectionne des projets innovants de filles à travers le monde. Il a pour objectif d’aider les filles du monde entier à acquérir les compétences nécessaires pour devenir des entrepreuneures et des leaders dans les domaines des technologies. À la clé de ce concours, un don de 15 000 dollars pour continuer leur projet.

« Je sais que le parcours ne va pas toujours être facile, mais pour les filles qui souhaitent devenir ingénieure ou entrepreneure et qui rêvent de créer des choses extraordinaires, je veux que vous sachiez qu’il y a une place pour vous dans l’industrie, il y a une place pour vous chez Google, a déclaré Sundar Pichai, le PDG de Google, aux filles présentes lors du Technovation Challenge. Ne laissez personne vous dire l’inverse ! »

Les Réparatrices étaient les seules Africaines à avoir été sélectionnées pour participer à la finale du Technovation Challenge à San Francisco du 5 au 11 août dernier. Si elles n’ont pas remporté le premier prix, leur aventure ne s’arrête pas là, et les jeunes filles espèrent voir leur application, encore en développement, bientôt sur le Google Play Store.