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Qui est Tarana Burke, l’Africaine-Américaine à l’origine de la campagne #MeToo ?

tarana burke

Après #Blancetonporc en France, le hashtag #Metoo né sur la Toile outre-Atlantique sous la houlette d’une activiste noire-américaine bat son plein.

A l’heure où, en France, nos feeds Twitter sont émaillés du mot-dièse #Balancetonporc pour dénoncer le harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes au travail – un mouvement devenu viral en un week-end impulsé par la journaliste Sandra Muller suite à l’affaire Weinstein qui a surgi outre-Atlantique – c’est au tour de l’activiste noire-américaine Tarana Burke, 44 ans, également auteure du blog She Slays, de briser le silence. Cette dernière s’est pourtant fait un nom dans la twittosphère avec son hashtag #Metoo, il y a déjà 10 ans, pour dénoncer la violence patriarcale faite envers les femmes africaines-américaines.

Visibiliser la cause féminine noire

« En tant que communauté, nous sommes parvenues à créer un espace pour lutter, mais pas assez pour s’unir », a expliqué la défenseure des victimes d’agressions lors d’un discours prononcé à Philadelphie à l’occasion de la Marche pour la fin de la culture du viol (March End Rape Culture), qui s’est tenue en 2014.

C’est pour répondre au phénomène du whitewashing au sein des communautés féministes que Tarana Burrke a décidé de riposter pour visibiliser la cause féminine noire face au harcèlement moral et sexuel. « Les femmes non-blanches utilisent les réseaux sociaux pour élever leur voix, avec ou sans l’amplification de celles des femmes blanches ». Le but pour Tarana étant de rassembler.

#Metoo : un mouvement solidaire

De nombreuses activistes africaines-américaines ont ainsi rejoint le mouvement, à l’instar de la militante Alicia Garza, à l’origine du hashtag #BlackLivesMatter ayant donné naissance au mouvement éponyme. « Sans cet espace, je n’aurais pas été capable de raconter mon histoire, tout comme des milliers de gens (…). Comment réagir face à cette violence épidémique, cette violence envers les femmes, cette violence envers les femmes non-blanches, la violence envers les femmes noires, les queer, les trans, et même que faisons-nous face à la violence envers les hommes ? », s’est interrogée la co-fondatrice de BLM face à la caméra de Democracy Now. Et de poursuivre « Toutes les personnes qui ont raconté leur histoire au sujet de Harvey Weinstein racontent en fait à quel point elles ont été silencieuses jusqu’à présent, à quel point elles ont été encouragées à ne pas parler, à quel point elles ont été gênées et honteuses de parler ».

Aussi Tarana Burke, à l’instar de ses homologues, espère-t-elle contribuer à libérer la parole et susciter un élan d’empathie et de solidarité entre les femmes non-blanches face aux agressions du genre.