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Calendrier Pirelli 2018 : Alice au pays des merveilles a la peau ébène

calendrier pirelli 2018

Imaginez un casting 100% noir au cœur d’un conte universel : Alice au pays des merveilles. C’est le pari fou du photographe britannique Tim Walker et de Pirelli pour son calendrier 2018. Into The Chic était au lancement international à New York et vous dévoile les coulisses !

Naomi Campbell, Sean Diddy Combs, Lupita Nyong’o, l’acteur américano-béninois, Djimon Hounsou (Amistad, Gladiator etc.), le top d’origine soudanaise, Duckie Thot, le model sud-africain Thando Hopa, l’activiste gambienne, Jaha Dukereh, Whoopi Goldberg… autant de stars noires figurant au casting du calendrier Pirelli 2018. Une édition étoilée quasi historique pour cette institution publiée pour la première fois en 1964 par la filiale britannique du groupe de pneumatique italien.

Représenter des héros noirs

Trente ans après Terence Donovan, voilà un nouveau millésime placé sous le signe de la blackness… et de la non-mixité. « Nous sommes obligés de réserver un casting 100% noir pour obtenir de vrais changements », assure Djimon Hounsou. Selon lui et ses homologues, la diversité dans le secteur de la mode, et plus largement la représentation des Noirs dans la sphère publique, ne peut se faire sans un réel bouleversement. « Ce calendrier est moins une question de beauté que de visibilité », confirme le mannequin albinos Thando Hopa. Et ce changement de passer par une redéfinition de l’imaginaire commun. Sous le regard de Tim Walker, photographe britannique à qui l’on doit cette réinterprétation du conte de Lewis Carroll sur papier glacé convoquant l’univers d’un David Lachapelle ou d’un Tim Burton, Alice au pays des merveilles a la peau ébène.

C’est à la nouvelle sensation des podiums, Duckie Thot, qu’est revenu le rôle principal. Le mannequin australo-soudanais, a.k.a la Barbie noire, a fait le buzz sur les réseaux sociaux en raison de son tient foncé et de ses traits délicats. Dans sa robe bleue et blanche à froufrous imaginée par le styliste afro-britannique Edward Enninful, qui n’est autre que le nouveau rédacteur en chef de l’édition anglaise de Vogue, la jeune femme de 21 ans s’engouffre dans le terrier de ses chimères pour mieux passer de l’enfance à l’âge adulte. Parce que c’est de cela qu’il est question, d’un conte à visée universelle à travers lequel chacun.e devrait pouvoir se reconnaître et se sentir valorisé.e.

« Nous voir tous ensemble, briller, grands et fiers. Et être capables d’être perçus comme des rois et des reines dans un empire, c’est cette image que j’ai envie que ma petite fille voie. (…) et non celle qui est toujours représentée », a confié le rappeur Sean Comb, ex P Diddy, lors de la conférence de presse qui s’est tenue le 10 novembre à l’hôtel Pierre, Manhattan.  « J’ai voulu représenter une Alice de notre époque », a prévenu l’artiste anglais qui a été entièrement libre d’imaginer ce casting pour Pirelli. « Nous vivons une nouvelle époque. J’espère que cela va rester et qu’il ne s’agit pas juste d’une tendance. Je sais que Pirelli a toujours véhiculé des messages forts… pérennes », a complété le supermodel noir-américain. Lequel n’a rien perdu de sa superbe depuis ses premières heures de gloire dans les nineties.

La nouvelle génération estampillée #blackexcellence

Sur le tapis rouge, avant la soirée de gala qui se tiendra dans l’imposante salle de spectacle Hammerstein Ballroom logée au Manhattan Center, Naomi irradie dans sa robe rouge à sequins et sa fourrure tout droit sortie d’un film de Blacksploitation, escortée de son rappeur d’ami. Après trois heures d’attente, les photographes de la presse internationale, transis de froid, peuvent enfin se délecter de quelques clichés.

C’est grâce à l’aura de telles icônes que tout devient possible. Un mantra immortalisé sur le biceps du producteur africain-américain aux multiples surnoms, comme clin d’œil direct au conte de 1865 : « Alice says : “ This is impossible ” / Sean says : “ nothing’s impossible” ». Preuve avec ce casting ambitieux qui atteste d’un changement lent mais certain, et témoigne aussi d’une solidarité manifeste au sein de la communauté afrodescendante. Le couple Sean-Naomi, qui aura fait jaser sur le red carpet en raison de sa grande proximité, n’en finit pas de scander des « black excellence » tous azimuts pour rappeler la nécessité de promouvoir la culture noire et ses acteurs. Si la reine des catwalks  n’est pas prête de céder son trône après 30 ans de carrière, elle assure son statut d’aînée et de rôle-modèle auprès de la nouvelle génération de mannequins noirs.

Dans la ballroom du palace new-yorkais campé sur Madison Avenue, le top invite le jeune mannequin britanno-ghanéen Adwoa Aboah , nouvelle cover girl du Vogue UK castée au calendrier Pirelli dans le rôle de Tweedledee, à rejoindre la scène pour profiter des applaudissements des quelque 1000 invités et journalistes venus de 25 pays différents pour être témoin de l’excellence noire. Celle qui secoue des secteurs aussi variés que la création, la mode, l’industrie du cinéma et de la musique et la politique africaine (Jaha Dukereh s’est battue pour faire interdire l’excision en Gambie). Sean passe le mic au rappeur de 20 ans, Lil Yatchy, – qui incarne le page de la reine – Woopie donne la réplique à Lupita, Naomi appelle ses petits poulains Slick Woods, Duckie, Thando, Adwoa, King Owusu, Alpha Dia à marcher sur ses pas… Et l’histoire continue de s’écrire.