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Mamans du monde : un tour du monde de la maternité

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Comment les mamans congolaises conçoivent leur maternité ? Quels sont les rituels de soins bébés prodigués par les mères maliennes ou guadeloupéennes ? Eléments de réponses dans ce doux recueil de témoignages conçu à quatre mains.

Comme il n’y a pas de mère parfaite, il n’y a pas une seule façon de concevoir la maternité. Loin d’être un énième guide conçu pour devenir une maman idéale comme il en existe beaucoup au rayon développement personnel des libraires, Mamans du monde (First Editions, oct 2017) un ouvrage coordonné par Ania Pamula, journaliste née à Cracovie – Pologne – et Dorothée Saada, professeure française et chroniqueuse au magazine Parents, livre plutôt une photographie des différentes façons de concevoir la maternité, la grossesse, l’éducation et la parentalité, en général, à travers le monde.

Partage d’expériences

Elles ont une trentaine d’années ou ont passé la quarantaine, et ont deux ou trois enfants. La majorité d’entre elles sont nées ou ont vécu dans leur pays d’origine et ont voyagé ou se sont expatriées en Europe. « Il était important pour nous qu’elles soient nées à l’étranger pour qu’il y ait une vraie possibilité de comparaison. Quelques-unes sont nées en France mais ce que ces femmes ont toutes en commun, c’est le lien qu’elles gardent avec leur propre mère, toujours au pays, qui leur prodigue des conseils ancestraux », constate Dorothée Saada, co-auteure de l’ouvrage qui a rencontré chaque maman et enfant avec son acolyte « pour entrer en contact direct avec leur culture ».

En marge des pays européens comme la Grande-Bretagne, l’Italie ou bien la Finlande, les géants russes et états-uniens etc., les pays d’Afrique subsaharienne ne sont pas en reste, avec à l’Ouest le Mali et la Guinée, à l’Est, le Kenya. Sans oublier le Cameroun en Afrique centrale. Mais aussi les territoires ultramarins comme la Guadeloupe et la Réunion.

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Mamans du monde – Cameroun

« Nous nous sommes tournées vers notre plus proche amie camerounaise qui nous a raconté comment on élevait les enfants dans son pays et ce qu’elle avait conservé de ces traditions ici, en France, explique Dorothée. A l’époque je débutais l’introduction alimentaire avec mon bébé, et je suivais strictement les règles et dosages établis par mon pédiatre. ″Trempe tes doigts dans tout ce qu’il y a sur la table et laisse ton bébé les suçoter″ m’a alors répondu cette amie. Ania et moi en avons donc conclu qu’on avait encore beaucoup de choses à découvrir » ! Tandis que pour la Camerounaise originaire de Yaoundé, Babette – mère de trois enfants – le baby blues ne signifie pas grande chose !

Enrayer les idées reçues 

Ludique et didactique, l’ouvrage fourmille de témoignages attendrissants, bienveillants – jamais donneurs de leçons ! – parfois surprenants et amusants, d’anecdotes culturelles propres aux traditions et aux usages des pays d’origine des mamans à qui les auteures ont donné la parole. Aussi, d’un pays à l’autre, une maman préfèrera accoucher sans péridurale, « pour donner la vie sans masquer [les] sensations ». C’est le cas de Safiatou, maman malienne de 30 ans vivant à Bamako. « Pour nous c’est une épreuve par laquelle on doit passer », avoue-t-elle.

Rituels de soins pour les bébés, recettes ou… remèdes, les habitudes propres au pays de chacune permettent aussi d’enrayer les idées reçues que les différentes sociétés peuvent porter sur les traditions et usages perpétués par leurs voisins. « Nous sommes ressorties émerveillées de ce tour du monde de la maternité qui nous aide aujourd’hui au quotidien : ne pas avoir peur de faire goûter une nourriture épicée aux plus petits, aller chercher des herbes chez certains marchands africains pour se faire une infusion et favoriser la lactation etc. Ces échanges nous ont surtout permis de nous détendre dans notre maternité, de déculpabiliser et de nous dire que pour une maman tout est possible », concède Dorothée.

Aspects culturels mais aussi données sociologiques et démographiques qui dressent un petit état des lieux des conditions dans lesquelles les mères et futures mères vivent d’un pays à l’autre. Aussi, on apprendra qu’au Mali le taux d’enfants par femme est de 6,2. Tandis qu’au Kenya « la mortalité maternelle est très élevée : 510 femmes sur 100 00 meurent de complications pendant l’accouchement ».

Un tour du monde inspirant et enrichissant qui permet d’élargir les horizons des mamans sur les questions de maternité et d’éducation…