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10 femmes afrodescendantes qui font bouger les médias

Radio, télé, presse écrite… Découvrez les pionnières de l’info qui ont bouleversé le paysage médiatique français.

Fortes, libres et ambitieuses, elles font partie de cette génération de femmes noires qui bousculent l’univers très fermé des médias en France. Qu’elles soient devant l’objectif, derrière un micro ou armées de leur plume, elles balisent la voie vers le quatrième pouvoir, défiant les clichés qui minent encore ce monde à majorité masculine et blanche. Vous en connaissez certaines, d’autres œuvrent dans l’ombre mais elles ont en commun l’empreinte qu’elles laissent dans le paysage médiatique. Into The Chic vous présente 10 femmes d’exception qui ont fait bouger les lignes et qui n’en finissent pas d’inspirer la nouvelle génération.

Audrey Pulvar, une militante née

Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Sa bio : Née le 21 février 1972 en Martinique, Audrey baigne très tôt dans un environnement militant. Son père, Marc Pulvar, militant indépendantiste martiniquais, était également connu pour son engagement en faveur de l’environnement. Journaliste accomplie, Audrey Pulvar a tout fait ou presque : radio, TV, presse écrite…Très connue pour son franc-parler, elle est redoutable quand il s’agit de défendre la diversité et lutter contre le racisme.

On l’a entendue, vue et lue en 2010 notamment après que le parfumeur Guerlain a dérapé sur France 2. Elle signera alors une lettre ouverte intitulée « Nègre je suis, nègre je resterai ». Juin 2017, Audrey Pulvar annonce sa démission en tant que journaliste et rejoint la Fondation pour la Nature et l’Homme, qu’elle préside depuis la démission de Nicolas Hulot.

Dates clés : Elle est la première femme noire à présenter le JT sur une chaîne hertzienne française, en septembre 2004 sur France 3. Elle a créé, fin 2017, e-cinema.com, une plateforme de vidéos à la demande pour découvrir des films étrangers jamais diffusés en France.

 

Edwige-Laure Mombouli, « Event makeuse » ancrée dans ses racines

Sa bio : C’est au Congo-Brazzaville qu’elle voit le jour en mai 1970. Même si elle le quitte dès l’âge de 4 ans pour rejoindre la France, son attachement envers son pays natal reste intact. En 1995, Edwige-Laure crée et dirige pendant plus de 16 ans le département des Relations publiques pour l’ensemble des filiales du groupe NRJ (NRJ 12, Radio nostalgie etc.).

Très engagée, elle met en place des partenariats institutionnels tels que la Charte de la diversité, un texte d’engagement moral pour garantir le respect de la diversité dans les effectifs. En 2011, elle participe à la création du Réseau International des Congolais de l’extérieur (RICE), dont elle est Présidente. Elle crée et préside l’APET (Association pour l’Éducation et la Transmission). Elle est nommée nouveau Leader du Futur pour la zone SUD/SUD (Afrique/Moyen-Orient) par le Crans Montana et devient Vice-Présidente de l’Association Miroir au Congo. Décidément rien ne l’arrête ! Désormais à la tête de sa propre entreprise de communication, WECARE, elle continue de répandre et de défendre la « Congolese touch ».

Dates clés : Dans les années 2000, on lui doit, avec d’autres, la création des NRJ Music Awards : un rendez-vous incontournable de la musique grand public.

 

Christine Kelly, une certaine vision des médias

Thibault Camus/AP/SIPA

Sa bio : De son vrai nom Christine Tigiffon, Christine Kelly est née en 1969 en Guadeloupe où elle grandit et travaille dans plusieurs médias dont RFO. Arrivée en 1996 en Métropole, elle travaille tour à tour pour la télé, la radio et la presse. Véritable touche-à-tout, elle est également consultante à l’Unesco. Face à la pertinence de sa carrière, elle est nommée au CSA, sans même avoir postulé, en janvier 2009. Elle en est alors la plus jeune membre et la première issue de l’Outre-mer. En 2010, elle crée K d’urgences, une fondation dédiée à l’aide des familles monoparentales.

Faits marquants de sa carrière : Biographe de François Fillon. C’est grâce à elle que les chaînes de télé sous-titrent leurs programmes pour les sourds et malentendants et baissent le niveau sonore de la publicité, une première mondiale.

Dates clés : En 2015 elle devient Présidente du Musée Européen des Médias dont l’ouverture au public se tiendra courant 2019 à Saint-Denis, en région parisienne.

 

Catherine Jean Joseph Sentuc, l’artiste en croisade

Sa bio : Née en 1963 à Epinay-sur-Seine, Catherine Jean Joseph se passionne pour le théâtre dès l’adolescence. Et rêve déjà de voir le cinéma et les médias audiovisuels ouverts à plus de diversité. Catherine s’est lancée dans une carrière d’agent de comédiens dès 1989 à France Inter avant d’être débauchée par Dubbing Brothers (Studio Canal, Disney…) où elle devient directrice artistique.

Elle a géré, entre autres, la carrière d’une certaine Marion Cotillard. Près de dix ans plus tard, en 1998, elle crée sa propre agence artistique, WIB (We’re In Business). Parallèlement, elle continue sa croisade pour la diversité à la télévision. D’abord au sein de la Direction de la fiction de France Télévisions, puis chez TF1, et enfin à la commission Image de la Diversité au CNC. Elle est membre du CSA depuis 2014.

Dates clés : Elle cofonde en 2011 l’école artistique gratuite Miroir, un formidable outil pour combattre les stéréotypes. Six de ses élèves ont été sélectionnés aux Césars 2016 pour leur court-métrage « le dernier des céfrans ».

 

Tania de Montaigne, plusieurs vies en une

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Via Twitter @demontaignetan

Sa bio : Née en 1971 et élevée par sa mère dans une cité, Tania de Montaigne est une enfant timide, de son propre aveu. A 23 ans, alors diplômée de Sciences-Po, elle vit de petits boulots avant d’intégrer Canal J en 1995. De là débute sa carrière de journaliste.

Elle est ensuite débauchée par Canal + puis France 2, France 3, France 5, Paris Première… On l’entendra plus tard sur France Inter mais Tania travaille en parallèle dans le centre social de Darveil (91) où elle fait de l’accompagnement scolaire. Elle est également la Marraine de l’association « Cœurs à lire » contre l’illettrisme. Mais la jeune femme ne rentre décidément pas dans une seule case. En effet, elle écrit et interprète des chansons qu’un certain Benjamin Biolay va produire. Sa musique est teintée de jazz, de soul et de folk. Elle a par ailleurs écrit huit livres dont plusieurs ont été primés.

Dates clé : Son dernier roman Noire, encensé par la critique, a reçu le prix Simone Veil 2015.

Rokhaya Diallo, la rebelle du PAF

femmes afro médias
© cyrille choupas pour JA

Sa bio : Rokhaya Diallo voit le jour en avril 1978 à Paris et grandit à la Courneuve où se dessine très tôt l’implication militante qu’on lui connaît aujourd’hui. En 2000, elle préside le Conseil local de la ville de la Courneuve pour financer ses études de commerce.

Militante assumée, elle cofonde en 2007 « Les Indivisibles » dont l’objectif est de déconstruire les préjugés ethno-raciaux. Journaliste chroniqueuse, polémiste, cinéaste, bédéiste, activiste, féministe, Rokhaya n’en a que faire des étiquettes et endosse plusieurs casquettes pourvu qu’elles servent son combat : lutter contre le racisme et l’exclusion. Omniprésente dans les médias, son franc-parler et son panache en a déstabilisé plus d’un.

Ses dates clés : Plusieurs prix et distinctions à son actif dont le prix de La Lutte contre le Racisme et les Discriminations en 2012. Mars 2015, son documentaire « Les Marches de la Liberté »  reçoit le Prix du meilleur film documentaire au FEMI.

 

Fatou Ndiaye, it-girl « afro-parisienne »

femmes noires afro
© Pinterest

Sa bio : Fatou est née en 1978 à Paris d’une mère nigériane et d’un père sénégalo-malien. Rien ne la prédisposait à devenir, comme le note le Vogue US, « la preuve vivante que la beauté parisienne incarne bien plus que les archétypes traditionnels tels Brigitte Bardot et Charlotte Gainsbourg ». L’aventure commence en juillet 2007, lorsque, lassée de ne pas trouver de conseils adaptés à la beauté noire sur la toile et dans les médias français, elle décide de lancer son blog : My Black Beauty Bag.

C’est donc en pionnière que Fatou se décide à quitter un travail confortable d’assistante de direction chez Publicis. La mayonnaise prend. Que ce soit Carol’s Daughter, L’Oréal ou encore Kookaï, les plus grandes marques se l’arrachent ! Fatou est aujourd’hui l’une des blogueuses les plus influentes de la toile. Elle fait de l’audit et apporte son expertise beauté à de nombreuses marques en mal de connaissances sur la peau noire.

Dates clés : Égérie de Kookaï en 2014. Ambassadrice L’Oréal Paris (fond de teint Accord parfait) en 2017.

Marijosé Alie-Monthieux, la douce voix de la diversité

femmes afro médias
© Via Facebook

Sa bio : La journaliste et chanteuse Marijosé Alie est née en 1951 à Paris. Elle grandit dans le sud de la Martinique, dans un environnement teinté de musique, aux côtés d’une mère professeur de piano. Son diplôme de journalisme décroché en Métropole, elle retourne sur son île natale pour intégrer l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), et débuter sa carrière à la radio, puis à la télévision. Mutée en Bourgogne, Marijosé, passionnée de musique, compose la chanson « Karésé mwen », futur succès enregistré en 1983 avec le groupe Malavoi.

Durant sa carrière, elle sera la première femme à occuper le poste de Directrice régionale à RFO et réalisera plusieurs documentaires dont deux films sur Aimé Césaire. Ses deux romans (Entre chienne et louve en 2009 et Le Convoi en 2016) sont bien accueillis par la critique.

Dates clés : Elle est à l’origine des Dom-Tom Folies, permettant depuis 2005 à des artistes d’outre-mer d’intégrer la scène des Francofolies de la Rochelle. Toujours soucieuse d’offrir plus de visibilité à la diversité française, elle renouvellera l’expérience à l’égard les banlieues avec l’opération France Ô Folies en 2008.

 

Denise Époté Durand, l’Africa lover

Sa bio : Denise Laurence Djengué Epoté est née à Nkongsamba en 1954, de parents fonctionnaires au Cameroun. Diplômée de l’école de journalisme de Yaoundé, elle a très tôt marqué le paysage médiatique de son pays natal en devenant la première présentatrice du journal télévisé à la CRTV après avoir commencé sa carrière en 1981 chez Radio Cameroun.

Elle rejoint RFI et TV5 Monde dans les années 90, chaîne dont elle est aujourd’hui la première femme africaine à en assurer la Direction régionale Afrique. Depuis 1999, Denise assure la présentation de l’émission hebdomadaire Et si vous me disiez toute la vérité, où elle traite de sujets concernant l’Afrique avec comme invités de nombreuses personnalités du continent.

Dates clés : Durant sa carrière, Denise a reçu de nombreuses distinctions comme le Prix de la meilleure journaliste aux Panafrican Broadcasting Heritage and Achievement Awards en 2001.

 

Élé Asu, une réussite africaine

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© Pinterest

Sa bio : Née en 1977 à Calabar dans le sud-est du Nigeria, Élé Asu se destinait à une carrière diplomatique, bien décidée à suivre les pas de son père. Après des études à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, Élé trouve un poste au Ministère de la Culture où elle est principalement en charge des Arts de la rue et du Cirque. C’est alors qu’elle rencontre Delphine Dewost qui la fait entrer à Direct 8, une expérience qu’elle accepte de vivre « pour le fun », comme elle se plaît à le raconter.

Sa présence scénique, héritée de ses années de théâtre, lui vaut d’être remarquée et débauchée par Canal + en 2006. La chaîne lui confie en janvier 2014 les rênes du magazine Réussite, un mensuel de 52 minutes, premier programme français entièrement dédié à l’économie africaine. Élé Asu quittera l’émission en décembre 2017.

Date clé : En 2007, Elé Asu reçoit Prix de la Meilleure jeune journaliste de télévision lors de la cérémonie des Jeunes Talents.