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Cécile Barry : la self-made woman de l’entrepreneuriat au féminin

cécile barry

Entrepreneure installée, spécialiste en business coaching et en développement de notoriété, Cécile Barry accompagne aussi les femmes dans leur aventure entrepreneuriale. Cette working mum prouve que business, vie perso et solidarité féminine… C’est possible !

La femme d’affaires franco-guinéenne vivant à Paris, Cécile Barry, 51 ans et mère de deux enfants, a réussi à creuser son sillon dans le secteur de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, en parvenant à mêler sens du business et du social. Passée par tous les secteurs des métiers de la communication et du conseil, elle a cofondé l’agence de développement de notoriété, le Groupe Ajicé, et préside depuis 2008 le réseau de femmes Action’elles. Une association créée par une dizaine de femmes en 1994 à Lyon pour lutter contre la solitude des femmes chefs d’entreprise. L’association, qui compte aujourd’hui 500 adhérentes, a été réorganisée par Cécile Barry et propose aujourd’hui de l’accompagnement, du réseau et de la formation.

Si Cécile Barry s’est construite sur le terrain en entrant très jeune dans la vie active « faute de choix », elle a su perfectionner ses compétences tout au long de sa carrière, même avec deux enfants en bas âge. Confiance, ambition et persévérance… Des qualités qu’elle insuffle aujourd’hui aux futurs entrepreneurs.

Vous avez commencé à travailler très tôt, une fois votre bac en poche, mais vous êtes formée tout au long de votre vie. La formation continue, un passage obligé pour les entrepreneurs ?

J’ai en effet repris mes études en cours du soir et le samedi tout en continuant à travailler et à m’occuper de mes deux filles. J’ai obtenu une maîtrise en marketing-vente via le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers). J’ai toujours été dans la vie active, mais la formation reste primordiale. L’entrepreneuriat demande une certaine polyvalence. Un entrepreneur qui ne se forme pas à un moment de sa carrière manquera fatalement le coche. La formation fait partie de notre vie d’entrepreneur.

Vous avez travaillé dans le secteur de la banque, du tourisme, de l’immobilier… La polyvalence et l’adaptabilité, des qualités essentielles à l’entrepreneur ?

Mon emploi dans l’immobilier a été le dernier en tant que salariée. Une structure qui m’a particulièrement forgée. Quand j’ai intégré l’entreprise, elle était en plein développement. Pendant neuf ans, j’ai donc eu l’occasion de passer par à peu près tous les services : une très bonne école ! Quand on est salarié, on est généralement embauché pour remplir des missions bien définies.

Un entrepreneur doit remplir plusieurs fonctions, être en mesure de faire un peu de commercial, mais aussi de la communication, sa comptabilité, gestion etc. La polyvalence est essentielle. Evidemment, on ne peut pas être doué dans tout, d’où l’importance de se former ou de savoir déléguer à des gens dont c’est l’expertise.

Cours du soir, vie de famille, carrière… D’où puisez-vous autant d’énergie ? Et comment concilier toutes ces activités et casquettes ?

Je me suis toujours dit qu’il fallait avancer. Pour ce faire, je me suis donné des objectifs à chaque fois. Je voulais aussi que mes filles comprennent les valeurs du travail, de la persévérance et surtout de l’optimisme. Je suis quelqu’un de très positif, qui peut tomber mais qui se relèvera toujours. D’autre part, il faut savoir saisir toutes les opportunités que la vie nous offre.

Quelles sont vos méthodes de management, votre culture entrepreneuriale ?

Je suis très inspirée par les méthodes à l’américaine. J’incite les personnes que je manage à participer pleinement à la vie de l’entreprise, à s’exprimer. J’ai une idée à la seconde, aussi il est important pour moi de récolter les avis de mes collaborateurs. Je suis décisionnaire mais l’échange reste primordial.

Au sein de l’agence de développement de notoriété Groupe Ajicé, dont vous êtes la présidente, vous officiez aussi en tant que business coach. En quoi consiste les missions de votre agence?

Je suis en effet certifiée en business coaching depuis neuf ans. Un des services que nous proposons, mon associée et moi, est de travailler sur l’humain à travers le coaching et la formation. Si vous voulez développer la notoriété d’une personne ou d’une entreprise, il faut commencer par cela. Ensuite, nous mettons en place tous les outils et les actions inhérents à la communication pour développer ce que nous appelons l’image à travers les relations presse, l’événementiel et notre club de célébrités, notre valeur ajoutée. Nous gérons en effet un club de personnalités connues que nous mettons à disposition des marques pour qu’elles développent au plus vite leur notoriété.

Vous êtes investie dans l’entrepreneuriat au féminin en tant que présidente du réseau de femmes Action’Elles. En quoi les réseaux de femmes constituent un accompagnement majeur dans la vie d’une future entrepreneure ?

Un an après la création de ma première structure en 2003, je me suis sentie seule et je suis rentrée dans ce réseau, d’abord en tant qu’adhérente lambda. Avant l’immatriculation de ma société, je m’étais formée à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, organisation mixte, pour bénéficier de leur accompagnement sur une semaine à la création d’entreprise. Je me suis vite rendue compte que les femmes se mettaient des barrières au moment d’exprimer leurs ambitions. A la différence des hommes.

J’ai toujours eu de l’ambition, mais je me sentais moi-même intimidée par l’aisance des hommes assistant à cette formation. Les femmes sont souvent freinées par la peur de ne pas avoir assez d’argent, de ne pas être en mesure de gérer leur vie familiale etc. Ces réseaux existent pour que toutes les barrières que les femmes s’imposent tombent. Les femmes sont ambitieuses, et au sein des réseaux, elles osent aussi le dire ! L’idée étant d’entreprendre en toute sérénité… Également avec des hommes. Nombre d’entre eux interviennent chez nous en tant que formateurs.

Un conseil fondamental à transmettre aux femmes aspirant à devenir entrepreneures ?

Il faut que les femmes osent parler d’argent. C’est primordial. Au cours de ma carrière, j’ai constaté que les femmes allaient d’abord monter leur structure et remettre à plus tard le sujet de la rémunération. Or, c’est en amont qu’il faut savoir estimer ce dont on a besoin chaque mois pour vivre, pour ensuite réagir en conséquence. Et non pas l’inverse.

Quels sont vos projets ?

Je suis multi-pays, et je tiens à mes deux continents : l’Afrique et l’Europe. Je crois au potentiel des femmes entrepreneures africaines, raison pour laquelle je peux d’ores et déjà vous dire qu’avec Action’Elles, nous allons nous rendre en Afrique, en commençant par la Côte d’Ivoire !