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Harcèlement sexuel : Christiane Taubira prend la parole

Christiane Taubira

L’ancienne garde des Sceaux est revenue sur les récentes dénonciations de harcèlement sexuel et appelle à une place plus importante des femmes sur des postes de pouvoir.

« Les femmes composent aujourd’hui 53 % de la population mondiale, il est temps maintenant que les hommes fassent l’expérience de la minorité, et le premier endroit où ils peuvent et doivent le faire, c’est dans l’exercice du pouvoir ».

À l’occasion de la Nuit des idées organisée à Montréal, Christiane Taubira s’est exprimée sur le phénomène #Metoo et #BalanceTonPorc. Elle révèle sa vision du féminisme et son point de vue sur les récentes polémiques lors d’un entretien accordé à Libération, publié lundi 29 janvier.

Pour Christiane Taubira, cette vague de dénonciations à travers ces hashstags, qui n’est autre qu’une libération de la parole de femme, est quelque chose de positif. Elle s’étonne même « qu’[elle] n’ait pas eu lieu avant » : « Je trouve sain que ce que tout le monde sait depuis longtemps explose dans l’espace public et interdise qu’on fasse semblant d’ignorer. Nous avons dans nos lois des textes qui disent très clairement que le harcèlement sexuel n’est pas acceptable, que c’est un délit et qu’il est puni. Malgré cela, les femmes ne se sentent toujours pas protégées, ni soutenues », déclare cette femme de convictions.

« Un combat »

Ces mouvements permettent de ne plus passer sous silence les événements subis par de nombreuses victimes. En effet, depuis l’affaire Weinstein, des femmes de tous horizons se sont rassemblées afin de protester et d’élever la voix. Toute occasion est bonne pour dénoncer les violences sexuelles et manifester son soutien aux personnes concernées, comme le fait le collectif Time’s up, par exemple.

En France, le mouvement #Metoo résonne à travers le hashtag « Balance ton porc ». Certains ont déploré ce mode de dénonciation en s’interrogeant sur l’efficacité de ces mouvements sur les réseaux sociaux et la véracité des propos publiés. Mais pour l’ancienne garde des Sceaux, même s’il peut y avoir « de la délation, des abus, des fantasmes », il est nécessaire de ne pas « remplacer l’événement par sa marge et de ne pas discréditer un moment essentiel de la lutte des femmes ».

Elle motive donc les femmes à parler et s’exprimer. Christiane Taubira l’affirme : la justice a un rôle à jouer et les agresseurs doivent être jugés. De plus, elle a tenu a rappeler que se battre pour cette cause et lutter contre le sexisme est « un combat porté par toute personne qui se reconnait de ces valeurs. » Qu’importe le genre.