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Un jour, une coiffure : les braids de la Sud-Africaine Sho Madjozi

Sho Madjozi

Impossible de passer à côté des braids parfaitement tracées, colorées et géométriques de la rappeuse sud-africaine Sho Madjozi. Plus qu’une coiffure, de l’art à l’état pur mais aussi une réponse au colonialisme. La preuve en images.

« Ma coiffeuse et moi méritons un award pour la meilleure collaboration. Je ramène les idées, qui viennent généralement à moi dans mes rêves, et ensuite elle se débrouille pour en faire quelque chose de réel. Je suis comme une artiste et elle est un ingénieur » a-t-elle déclaré au Sahiphopmag.

Connue pour son passage très remarqué (et apprécié) dans le titre « Gqi » du célèbre rappeur Okmalumkoolkat, Sho Madjozi – Maya Wegerif de son vrai nom- est une artiste montante de la scène rap sud-africaine. À 25 ans, elle apporte un souffle nouveau par ses rimes déversées uniquement en tsonga ou xitsonga, sa langue maternelle. Cette native de la province de Limpopo s’attache à parler d’identité, de politique mais aussi de son héritage culturel. Il suffit de regarder quelques secondes de son clip « Dumi Hi Phone » pour le comprendre.

Fière d’appartenir au peuple Tsonga, elle réalise dignement des pas de danse traditionnelle shangaan dans une jupe colorée appelée xibelani. Joliment coiffée de fulani braids, elle célèbre l’héritage des tresses africaines.

Une coiffure engagée 

«  Mes braids représentent l’afro-futurisme. La question est : que serait une jeune africaine si elle n’avait pas été interrompue par l’horreur du colonialisme et de l’Apartheid ? Mes braids sont la réponse » disait-elle à la version sud-africaine de Cosmopolitan.

Influencée par les modes d’Afrique de l’Ouest et inspirée par la chanteuse Thandiswa Mazwai, Sho Madjozi désire que les tresses soient perçues par les autres comme quelque chose « d’élégant, chic et haut de gamme ». A l’heure où le débat sur l’appropriation culturelle bat son plein, la chanteuse souhaite s’inspirer des cultures africaines et veut montrer la différence entre l’appropriation et l’appréciation culturelle :

«  Ma jupe xibelani représente ma culture tsonga. Mes Nike Air Max représentent ma culture mondiale. Et ces braids font partie de la culture noire au sens large. (…) Comment je me sentirais si une personne non noire commençait à se coiffer de braids ? Un peu contrariée, je pense. Principalement parce que j’aurais l’impression que les Blancs reçoivent souvent des éloges pour adopter des choses que nous avons pratiquées depuis toujours ». Démo !