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Lucibela, la relève de la morna capverdienne

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Annoncée comme la relève de Cesária Évora, Lucibela livre un premier coup d’essai qui puise son essence dans le genre de la morna : Laço umbilical, doux et nostalgique.

Dans une autre vie, Lucibela écoutait Linkin Park, Elton John, mais aussi – sans surprise – la bossa nova… la « MPB » : la musique populaire brésilienne. C’est d’ailleurs ce genre qui l’a d’abord formée au sein du groupe Mindel Som. Aujourd’hui, la chanteuse capverdienne de 30 ans renoue avec le patrimoine musical de l’île qui l’a vue grandir, São Vicente. Installée à Lisbonne, capitale de l’afro-house, du kuduro ou encore de la kizomba, Lucibela aurait facilement pu céder à l’appel bouillonnant des musiques urbaines calibrées pour les dancefloors. Mais c’est donc dans le registre très traditionnel et nostalgique de la morna que la jeune femme a décidé de se réfugier. Comme sa mère spirituelle, Cesária Évora, Lucibela souhaite chanter son petit pays.

Avec Laço umbilical (cordon ombilical), elle livre un premier album qui la rattache à ses racines. « Mes chansons sont très imprégnées de la vie sociale du Cap-Vert. J’évoque le rapport entre les hommes et les femmes, la dureté de la vie d’une mère de famille, toutes les difficultés qui font la vie d’un Capverdien », détaille la vocaliste qui a également fait ses gammes en chantant le répertoire traditionnel dans les bars et hôtels de Mindelo devant un public majoritairement capverdien.

C’est ensuite sur l’île de Sal « beaucoup plus touristique », qu’elle prendra conscience de l’impact que joue encore la morna auprès du public étranger. « Ce n’était pas calculé, mais je suis consciente que la tradition représente un billet plus facile pour s’exporter à l’international », confie-t-elle. Ce qu’elle souhaite : s’inscrire dans la continuité de la diva aux pieds nus, l’une des artistes emblématiques de l’archipel qui a joui d’une reconnaissance mondiale. D’où l’orchestration très fidèle au genre de ce premier opus. La vocaliste s’est même entourée de Toy Vieira, complice de Cesária, à qui elle a confié les arrangements et la direction artistique.

Pour autant, Lucibela a également su s’entourer d’artistes issus de la nouvelle génération. Son « amie de longue date », Elida Almeida, nouvel espoir de la musique capverdienne avec qui elle partage le même label (Lusafrica), lui a écrit deux morceaux (« Arku da Bedja » et « Mal Amadu »). En attendant de la voir jouer un jour de l’autre côté de l’Atlantique comme son icône, Lucibela a creusé son sillon dans la capitale portugaise. La diaspora capverdienne y étant bien installée, la jeune femme a déjà trouvé son public sans trop de difficultés. Elle y sortira d’ailleurs officiellement Laço Ombilical le 12 avril prochain. Puis, c’est en Belgique, Allemagne, France, Autriche, mais aussi en Turquie qu’elle égrènera ses mélopées…