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Nancy Nambo, une entrepreneure défricheuse de talents de la diaspora

nancy nambo

A 27 ans, Nancy Nambo est à la tête d’Exchange Work Africa, une entreprise d’accompagnement pour la formation et l’implantation des entrepreneurs en Afrique. Un projet qui mêle business et social.

Franco-Bénino-Gabonaise, Nancy Nambo est née et a grandi en région parisienne d’un papa professeur de droits et d’une maman professeure d’histoire-géographie. Celle qui a fait ses armes en tant qu’assistante de gestion dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications a très vite décidé de troquer son statut de salariée contre un projet entrepreneurial au Sénégal. Après avoir suivi une bonne série de networking à Paris, la vingtenaire a donc posé ses valises à Dakar pour lancer Exchange Work Africa : une entreprise qui facilite l’insertion sur le marché africain inaugurée en novembre 2017.

Si EWA signifie « Venez » en yoruba (sa langue maternelle), ce n’est pas un hasard. Parce que Nancy Nambo fait elle-même partie de ceux que l’on nomme les « repats », et compte bien miser sur les talents de la diaspora pour réaliser de la richesse en Afrique et pour l’Afrique.

Seule aux commandes de son entreprise, Nancy s’est entourée de deux consultants sur le terrain, et collabore avec des partenaires comme Capital Consulting. Son cœur de métiers : le consulting, la formation, le coaching et l’accompagnement. Mais aussi tout un travail de sensibilisation effectué auprès de la diaspora en France. Raison pour laquelle elle organise le 5 mai à Paris, La nuit de l’entrepreneuriat et de la culture africaine sous le parrainage de Mokobé, en présence de Marie Floret, vice-présidente de l’union des Français de l’étranger, et avec le soutien de Rokaya Diallo, pour ne citer qu’elles.

Comment est né EWA ?

C’est après plusieurs séjours effectués en Afrique, notamment au Sénégal – il y a environ deux ans -, que j’ai eu le déclic. J’ai été témoin d’un continent en pleine émergence, de la construction de start-ups, mais aussi de la fibre entrepreneuriale des femmes et du mouvement des jeunes entrepreneurs plein de talent et d’expertise. J’ai senti, sur place, un réel besoin d’accompagnement lié au retour en Afrique.

Avant de me lancer en Afrique, j’ai veillé à bien étudier l’écosystème. Chaque pays a ses spécificités. On n’entreprend pas de la même manière au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire ou au Rwanda. Avant de créer son entreprise sur le continent, il faut être sensibilités à certaines réalités.

Ewa, une entreprise sociale ?

EWA a un fort impact social parce qu’on sensibilise la diaspora. Mais nous sommes une entreprise de services destinée à plusieurs cibles : la diaspora qui souhaite réaliser des projets en Afrique donc, mais aussi les étudiants qui quittent l’Afrique pour suivre leurs études puis reviennent sur le continent. On va leur proposer un accompagnement dédié grâce à nos relais locaux et à ceux basés en France. Notre dernier public est constitué d’entreprises déjà présentes sur le marché français, désireuses de conquérir celui de l’Afrique. Celles-ci vont nous solliciter pour des études de marché ou des enquêtes sur les besoins des consommateurs pour importer leurs produits ou leurs services.

L’Afrique attire beaucoup d’investisseurs. Raison pour laquelle nous lançons en juin un nouveau service d’assistance personnalisée aux hommes d’affaires. Il s’agit d’une conciergerie qui leur permettra de passer directement par nos services dans le cadre d’un simple besoin d’assistance : un endroit pour se loger, se restaurer, négocier leurs affaires, ou encore un véhicule.

Quels sont les secteurs porteurs sur lesquels vous misez votre stratégie d’accompagnement ?

On accompagne actuellement trois projets autour de la restauration, de l’énergie – un secteur très porteur puisque l’Afrique est un continent où il y a sans cesse des coupures d’électricité, notamment dans les villages -, et enfin le secteur de l’agro-business.

Bien sûr, l’éducation, la santé et les phénomènes sociaux font partie des secteurs qui relèvent des besoins primaires. Pour que l’Afrique avance, il faut que la jeunesse réalise que ce sont aussi ces secteurs-ci qui vont pouvoir faire émerger le continent.

On n’a pas uniquement besoin de l’argent des diasporas, mais surtout de leur savoir-faire et de leur savoir-être. On a pu constater de la part de la diaspora, un manque de confiance envers les populations d’Afrique. EWA est là aussi pour faire changer les mentalités via la mise en place de services qui facilitent les démarches.

L’ambition à moyen terme d’Exchange Work Africa : étendre les services à une bonne partie de l’Afrique francophone ?

Exactement. Si tout va bien, d’ici début 2019, nous allons déployer nos services en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Mali. J’ai commencé à démarcher des relais locaux et des institutions étatiques. Et pourquoi pas aller à la conquête de l’Afrique anglophone et lusophone à long terme…

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Le 5 mai se tiendra à Paris, La nuit de l’entrepreneuriat et de la culture africaine. Qu’attendez-vous de cet événement ?

Promouvoir les opportunités entrepreneuriales en Afrique, mettre en lumière les talents en lien avec l’Afrique qui font des choses mais ne sont pas nécessairement visibles, dans le digital ou l’entrepreneuriat social… On a également mis l’accent sur l’entrepreneuriat au féminin. Une série de tables rondes et des témoignages de repats ayant eu affaire à certaines réalités sur le terrain partageront aussi leur parcours.

L’objectif sera de montrer une nouvelle image de l’Afrique, que la diaspora apporte des actions concrètes liées à l’Afrique et commence à s’intéresser au continent et à la culture africaine. Parce que pour entreprendre en lien avec l’Afrique ou en Afrique, il faut commencer par s’intéresser à sa culture. Raison pour laquelle on a voulu allier les deux. Les écrivains, artistes, musiciens etc. sont aussi des entrepreneurs, qui ont fait de leurs passions un métier !

 

Pour assister à La nuit de l’entrepreneuriat et de la culture africaine, rendez-vous sur la page Facebook de l’événement.