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4 choses à savoir sur la romancière Nnedi Okorafor : reine de l’afro-futurisme girl power !

Nnedi Okorafor

A travers son oeuvre, on découvre des femmes noires héroïnes, puissantes mais aussi vulnérables, plongées au cœur de la science-fiction. Découvrez 5 choses à savoir sur cette romancière de talent.

« L’idée de partir, mais d’apporter et de devenir davantage, est l’un des cœurs de l’afrofuturisme » avait déclaré Nnedi Okorafor durant le TEDGlobal 2017. L’auteure américano-nigériane est une figure emblématique de ce style d’écriture qui combine cultures africaines et science-fiction. Plus encore, ce mouvement culturel révèle un continent noir maître de ses ressources et riche de technologies du futur.

Connue pour ses romans indépendants tel que Lagoon, ou ses séries Akata Witch ou Qui a peur de la mort ?, Nnedi Okorafor s’est fait un nom et a été distinguée du Prix Hugo en 2016 pour sa nouvelle Binti. Elle y raconte l’histoire d’une femme d’origine Himba, qui quitte son ethnie présente sur terre pour se rendre dans une prestigieuse université intergalactique. Péripéties, tradition et modernisme… son voyage ne sera pas de tout repos.

Un style d’écriture qui ne laisse pas indifférent. Pourtant, plus jeune, Nnedi Okorafor – née en 1974 dans l’Ohio de parents nigérians immigrés – souhaitait faire carrière dans le sport comme ses sœurs. Suite à un diagnostic de scoliose et une opération qui lui a paralysé le bas du corps, elle est contrainte d’abandonner ses ambitions sportives et participe à un cours d’écriture à l’âge de 20 ans.

Sa première histoire se passe au Nigeria

Et ce n’est pas un hasard ! Depuis l’enfance, Nnedi Okorafor retourne au Nigeria avec sa famille. Ces voyages l’ont inspirée. Comme elle aime le rappeler, sa science-fiction « a d’autres ancêtres, des ancêtres africains ».

A ses débuts, elle écrivait du « réalisme magique » et de la fantaisie inspirés par son amour pour les spiritualités traditionnelles de l’Afrique de l’Ouest et de l’igbo. Mais dans les années 90, l’auteure est allée plus loin :

« J’ai commencé à remarquer le rôle de la technologie au Nigeria : la télévision par câble et les portables dans le village, 419 escrocs occupant les cyber-cafés, le petit générateur connecté à l’ordinateur de bureau de mon cousin car l’électricité allait et venait. Mon côté américain me rendait assez différente pour être intriguée par ces choses considérées comme normales par la majorité des Nigérians. Ma fascination a fini par donner naissance à des histoires. J’ai ouvert d’étranges portes. Et si les extraterrestres venaient à Lagos, au Nigeria ? » racontait-elle lors du TEDGlobal 2017.

C’est le début d’une aventure littéraire incroyable.

C’est elle qui est derrière la bande dessinée « Black Panther : Long Live The King »

Le premier tome de la mini-série a vu le jour l’année dernière. Paru chez Marvel, ce comics raconte les aventures de Black Panther, roi à la tête du pays imaginaire de Wakanda. Il y a six épisodes à suivre.

« Un de mes amis m’a dit que j’étais la première femme à écrire Black Panther pour Marvel, a expliqué Nnedi Okorafor à Cheek Magazine. Ça m’a mise en colère ! Je me suis dit : donc si on amène tous les gens qui ont un jour écrit les histoires de T’Challa, la pièce sera remplie d’hommes ? Vraiment » ?

Elle compte bien marquer l’univers Marvel, car elle va bientôt s’attaquer à un nouveau projet : le spin off des Dora Milaje incarnés par Lupita Nyong’o, Danai Gurira et Florence Kasumba à l’écran.

Ces femmes représentent les forces spéciales du Wakanda : combattantes, armées et envoyées en missions à travers le monde, elles sont chargées de la protection du pays et du roi T’Challa. Nnedi Okorafor est dans son élément. Ce projet l’enchante !

«  J’aime écrire le futur. L’Afrique qui peut être et l’Afrique qui sera, ça a toujours été ma vision (… ). Tu sens que tu peux t’identifier à ses personnages et tu sens qu’ils sont vrais, pas simplement iconiques mais aussi humains » a-t-elle révélé à la version américaine de Vogue.

Son roman « Qui a peur de la mort ? » en cours d’adaptation pour HBO

Elle s’appelle Onyesonwu. Née d’un viol dans une Afrique post-apocalyptique, l’héroïne du roman est rejetée de tous. Alors que la colère de cet abandon et l’espoir de retrouver son père l’habitent, elle se met à développer des pouvoirs. Contrainte d’affronter sa nature, son destin et la tradition, Onyesonwu finira pas comprendre le nom igbo que sa mère lui a donné : Qui a peur de la mort.

L’année dernière, le roman a été réédité aux Editions ActuSF. En 2013, les éditions Panini dévoilaient une traduction française de Qui a peur de la mort ?, initialement publiée en Amérique en 2010. Le roman a obtenu le prix Imaginales du meilleur roman étranger 2014 et le World Fantasy du meilleur roman en 2011.

Cette histoire primée sera diffusée sur HBO et produite par – entres autres – George R. R. Martin, le créateur de Games Of Thrones.

Nnedi Okorafor peut aussi se réjouir d’une autre adaptation. Le 1er mai, elle publiait sur Instagram la bande annonce du film Hello Rain. Une production basée sur sa nouvelle Hello Moto.

Elle aborde des thèmes forts

Le racisme, la guerre, ou encore la condition des femmes et les violences faites à leur encontre… Nnedi Okorafor utilise sa plume pour défendre et dénoncer, au risque de choquer. Dans un chapitre de Qui a peur de la mort ?, elle traite longuement de l’excision :

“Ce passage est très important pour moi, analyse Nnedi Okorafor. Cette pratique est absolument horrible à sa racine. On sait qu’elle est réalisée dans un but précis : contrôler le corps des femmes. Mais je sais aussi qu’il y a des croyances, une mythologie, une culture qui sont liées à cette mutilation génitale. Pour moi, on ne peut pas approcher une culture en disant ‘vous êtes des barbares’. Il faut l’approcher doucement, avoir du respect, laisser les gens parler et ensuite donner son avis.” déclare-t-elle à Cheek Magazine.