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Imane Ayissi séduit Paris à la Fashion week haute couture

imane ayissi

Le styliste camerounais présentait hier, lundi 2 juin, sa collection SS19 « Karralokga », à l’occasion de la fashion week haute couture parisienne. Retour sur un show haute couture au croisement de l’Afrique et de l’Europe.

Rendez-vous est pris sur les quais de Seine, face à la tour Eiffel, dans l’un des coquets salons de la Fondation Mona Bismarck pour le coup d’envoi de la fashion week haute couture de Paris avec le show d’Iman Ayissi. Avec plus de 25 ans de carrière à son actif, on ne présente plus le styliste camerounais de 50 ans – qui en paraît 10 de moins ! – ayant fait ses classes en tant que mannequin (pour Yves Saint Laurent ou encore Dior), et danseur du ballet national du Cameroun. Aujourd’hui plébiscité par la presse internationale (les éditions italienne et britannique de Vogue), la sensation des designers africains fait fureur à Paris.

Karralokga : l’Afrique couture

En attendant de le voir rejoindre le calendrier officiel des défilés de la semaine de la mode haute couture – une place qu’il ne démériterait pas -, le styliste continue à travailler sans relâche pour nous concocter des pièces d’exception. Au total, ce sont 28 silhouettes qu’il a présentées hier devant quelque 150 personnes venues admirer sa collection printemps-été 2019 baptisée « Karralokga » (catalogue, en langue ewondo du centre du Cameroun).

Dans un alliage de traditions africaines et de modernité cher au styliste, la collection revisite le folklore que l’on a tendance à assigner au continent pour redonner ainsi au savoir-faire et aux textiles séculaires toute leur noblesse. A l’honneur, des tissus et matériaux venus du Cameroun, Sénégal, Ghana, Gabon, Cap-Vert, de Guinée Bissau ou encore de Madagascar…

Diversité et sobriété chic

Sous le regard de l’artiste, le raphia se métamorphose en chute de dentelle frangée, les pagnes kitas de Côte d’Ivoire se portent version crop top associés à un pantalon carotte bouffant, ou longueur XXL avec une jolie petite robe noire à sequins. Et côtoient la soie et le coton italien et français. Le jacquard manjak se retrouve incrusté de paillettes et se porte avec des stilettos pour venir rehausser un look du soir sobre et sophistiqué. Des imprimés subtilement équilibrés… qui laissent aussi place au monochrome dans un élan de minimalisme chic. En témoignent aussi la mise en beauté des mannequins – formidable vitrine de la diversité – sagement coiffés, les cheveux ramassés en chignon ou vers l’arrière – pour laisser apparaître des maxi boucles d’oreilles dessinant la carte de l’Afrique.

Une poésie aux confluents des continents.