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Africa CEO Forum, le rendez-vous des femmes leaders en Afrique

Les 2 et 3 juin derniers, au sein de l’hôtel des arts et métiers sur l’avenue Iéna, plus de 250 femmes se sont réunies pour assister au lancement du Africa CEO Forum « Women in business ».

Considérant les femmes telles des leviers de transformation puissant du continent africain, le Africa CEO Forum – Women in Business – a eu pour objectif de faire progresser le leadership féminin sur des plateformes de développement et d’action, ainsi que de valoriser la diversité des genres dans le panorama des grandes entreprises actuelles.

D’après Amir Ben Yahmed, président de Jeune Afrique Media Group, l’événement Africa CEO Forum axé sur les femmes s’est développé il y a 3 ans. Raison invoquée : le manque d’effectif de femmes au sein du personnel des conseils d’administrations des grandes entreprises. Selon une étude, dans les 300 premières grandes entreprises internationales, moins de 13% des femmes sont au sein de ces conseils. Un fait qui doit absolument changer selon le directeur du groupe.

L’objectif du Women in Business : s’engager dans la promotion du leadership féminin sur le continent. Par le biais d’événements trimestriels,  plusieurs binômes de femmes “leaders de zones” déploieront des mentorings, colloques de leadership féminin dans le but de développer un réseau de femmes leaders.

Plusieurs de ces femmes d’entreprises se sont désignées en tant que leaders de zones. Parmi elles, Françoise Le Guennon présidente de canal + Côte d’Ivoire pour l’Afrique de l’Ouest, ou encore Lizeka Matshekga, cheffe de division exécutive de l’industrie du développement en Afrique du sud. Il sera notamment possible de retrouver Nothando Napata, directrice de management au Zimbabwe pour l’Est de l’Afrique ou encore Valérie Neim, directrice de management de crédit coopératif participatif de finances au Cameroun, pour ne citer qu’elles.

 » Ce n’est que le démarrage et j’en suis déjà ressortie avec des clés sur comment développer mon réseau, ce qui est effectivement très important. Je me rends compte que nous sommes chacune dans un combat perpétuel, et ce n’est que dans une mobilisation collective que nous feront vraiment bouger les lignes » a expliqué Elisabeth Tchoungui, journaliste et écrivain lors de l’ouverture de la cérémonie.

>>Lire notre portrait d’Elisabeth Tchoungi 

Parmi la centaine de femmes dirigeantes présentes au salon, Into The Chic a eu l’occasion de s’entretenir avec certaines d’entre elles.

« Il faut se faire confiance et savoir qui l’on est »

Afua Osei : fondatrice de She Leads Africa

À 31 ans, la jeune femme a monté une stratégie créative afin d’atteindre un maximum de jeunes femmes. Diplômée en sciences politique et en business administration, Afua Osei a fait le chemin depuis Chicago pour partager son expérience en tant que fondatrice de « She Leads Africa », une communauté aidant les jeunes femmes africaines à réaliser leurs rêves professionnels. La trentenaire fait partie des femmes les plus suivies du forum avec plus de 100 000 abonnés sur Instagram, 27,000 sur Twitter, et une communauté grandissante sur son site web.

« Je suis très contente d’être là aujourd’hui et de partager l’atmosphère optimiste avec toutes les femmes qui sont présentes ici. Si je devais donner un conseil aux jeunes femmes qui se lancent dans le milieu de l’entreprenariat, je leur dirais de se faire confiance et de savoir qui elles sont », explique-t-elle. Et de poursuivre : « Notre but est de donner aux femmes des opportunités qu’elles n’avaient pas auparavant, et de les exploiter par le biais des nouvelles technologies ».

Viviane de Beaufort : Professeure de droit à l’ESSEC Business School 

L’académiste Viviane de Beaufort, également fondatrice de Women Essec, pense que c’est à chaque femme de faire le pas pour créer un modèle mixte plus adaptée au monde et à l’Afrique d’aujourd’hui. « Les femmes présentes au forum ont toutes des postures importantes et diverses dans leur pays. Elles peuvent commencer à construire un vrai réseau des ‘Afriques’, et peser au sein de leur continent. D’autre part, s’entraider pour se développer est très important. Nous avons également la responsabilité de transmettre et d’aider les jeunes femmes pour qu’elles aient des parcours moins difficiles que les nôtres et prennent leur place dans les conseils d’administration », affirme t-elle.

Rebecca Enonchong – fondatrice d’Appstech

Apporter sa pierre à l’édifice, Rebecca Enonchong, 51 ans, est aussi de cet avis. Entrepreneure et fondatrice d’Appstech – premier fournisseur global d’entreprise tech – elle porte aujourd’hui le futur du secteur du numérique en Afrique sur ses épaules.

« Le fait d’être là aujourd’hui me permet de rencontrer des femmes très fortes, qui sont toutes brillantes et cela me fait extrêmement plaisir. Toutes ces femmes ont accompli quelque chose, que ce soit des petites ou des grandes entreprises. Il y a beaucoup à apprendre. »

Engagée dans l’entrepreneuriat numérique en Afrique auprès des populations désireuses d’impacter le secteur de l’innovation, Rebecca Enonchong qualifie la tech comme l’une des solutions pouvant parvenir à élucider les problématiques de plusieurs secteurs africains.

Afin de conseiller les jeunes femmes qui veulent se lancer dans l’entreprenariat, la dirigeante  affirme avec un ton inspirant : « Ne vous bloquez pas, votre premier ennemi c’est vous-même. Continuez le combat, ne vous mettez pas de limites. Avec ce que vous avez, vous pouvez réussir ».

Et de conclure : Je pense qu’il faut du courage mais aussi un peu de naïveté. Avec la naïveté, je n’ai jamais eu l’impression que je ne pouvais rien accomplir. Pour moi tout a toujours été possible. Je m’efforce aujourd’hui à encourager les jeunes et les femmes à ne pas se mettre de barrières ».