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Lo Bassie, une artiste qui met en avant les femmes noires au naturel

Dessiner les femmes afro-descendantes au naturel, voici ce que l’Antillaise essaie d’atteindre à pinceaux tirés pour leur redonner une place dans le paysage artistique féminin.

Le rendez-vous est pris à La Galerie Les Zallumés des Arts, à Paris, où se tient l’exposition « Femmes tout(es) en relief », de l’artiste-peintre d’origine guyanaise et martiniquaise, Lo Bassie, 33 ans. C’est confortablement assise sur un sofa, entourée de ses œuvres, qu’elle nous reçoit, une écharpe aux couleurs de la Jamaïque drapée sur son épaule. « Elle me vient d’Éthiopie » dit-elle, fièrement. Mixant peinture et collage de tissus convoquant la culture africaine, ses créations racontent l’histoire d’Afro-descendantes fortes et naturelles.

Entre peinture et pagne

Difficile de passer à côté de la représentation d’Erykah Badu dès l’entrée de la galerie. Le fameux turban auquel on identifie la soul singer africaine-américaine n’a pas été peint par Lo Bassie, mais plutôt intégré à la toile, comme pour y donner vie. « C’est en peignant le premier tableau de la collection que je me suis dit : Pourquoi ne pas y ajouter un foulard ? J’ai ensuite défait celui que j’avais dans les cheveux, pris deux-trois tubes de colles, et voilà ».

Le savoir-faire de Laurianne, de son vrai nom, se construit durant son enfance, période pendant laquelle elle dessine, coud et confectionne des vêtements pour ses poupées. En 2009, elle perfectionne ses aptitudes en validant une licence d’arts plastiques à l’université paris 8, puis contre toute attente, se lance dans la gestion.

« Les foulards apportent selon moi l’idée de royauté chez la femme noire »

Ses tableaux utilisent les couleurs vertes ou kaki, ainsi que de marron, jaune, comme pour faire référence à un paysage kenyan. L’utilisation du pagne permet d’appeler aux fêtes traditionnelles africaines. Les kintés – tissus ghanéens – qu’elle utilise ne sont pas là uniquement pour faire joli. « Les foulards apportent selon moi l’idée de royauté chez la femme noire. Avec le visage découvert, elles sont intrinsèquement belles. Je veux pouvoir leur redonner confiance et les conscientiser sur leurs valeurs ».

 

« Noires et naturelles »

Fortement attachée et inspirée par les racines jamaïcaines, Lo Bassie illustre à travers ses œuvres le naturel et le mode de vie rasta véhiculé par Hailé Sélassié, ancien empereur d’Ethiopie.

Galerie les Allumés des arts (Paris)

« S’affranchir de leur superficialité pour embrasser leur naturalité », voilà ce que l’ancienne bassiste de profession veut pour les femmes de la communauté noire partout dans le monde. De ce fait, elle appelle ses œuvres Ghana ou encore Namibia afin de faire référence à l’Afrique, mais aussi à des terres réelles ou fantasmées où la culture noire est forte, telles que Cuba ou encore Amerykah – en référence au nom de l’album éponyme d’Erykah Badu-.

« Nous [les femmes de la communauté noire] – avons le droit de nous mélanger, mais ne devons pas oublier d’où l’on vient », conclut la jeune femme pour qui l’africanité demeure essentielle.

L’exposition se tiendra jusqu’au 28 septembre prochain dans la galerie les Z’allumés des arts de Paris.